Auroville

Le Matrimandir
logo d’Auroville

Nous avons entendu pour la première fois parler d’Auroville à Goa. Souviens toi, Goa c’est la plage où nous avions rencontré Léna et Titi, les backpakers français qui démarraient un voyage de plusieurs mois autour du globe.

Ils nous avaient expliqué, le temps d’une soirée autour d’un match de la coupe du monde, qu’ils allaient faire du volontariat dans un orphelinat au nord de Chennai mais qu’avant cela, ils avaient réservé une Guest house à côté d’Auroville.

Nico et moi n’avions pas relevé ce nom, nous leur avions expliqué que nous allions retrouver notre ami Djo l’indien à Pondichéry sur la côte est de l’Inde.

C’est en regardant sur la carte que Léna c’était aperçu que c’était juste à côté d’Auroville et que se serait cool de s’y retrouver.

On leur avait alors expliqué qu’on comptait attendre nos amis les Belgo-nomades à Goa pour y passer les fêtes avec eux ; mais c’était sans compter sur le destin !

Ces derniers ayant décidé de prendre leur temps pour descendre nous rejoindre, nous avons fait le point avec Nico et nous avons décrété qu’on ne pourrait pas les attendre jusqu’à Noël, car ils n’étaient même pas sûrs d’être là à temps !

C’est alors que nous avons décidé de reprendre la route direction Pondichéry.

Alors que nous étions en train de traverser l’Inde d’ouest en est, Djo nous expliqua qu’il ne pourrait pas être là pour Noël car les billets d’avion étaient trop chers mais qu’il arriverait pour début janvier.

Il ajouta : « Allez voir ma mère, elle habite à Auroville et elle sera ravie de vous accueillir, elle vous suit depuis longtemps sur Youtube ! »

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés aux portes d’Auroville !

La particularité de cette ville, c’est que les camions y sont interdits et que des gardiens contrôlent les allers et venues de tous les véhicules.

Alors nous avons trouvé un conducteur de rickshaw très gentil du nom de Nihty qui nous indiqua un terrain appartenant à son ami où l’on pourrait résider contre une petite rémunération de 250 roupies par jour. (Soit 3€ environ) Si ça t’intéresse, voici le point GPS :

Nous décidons donc de rester ici quelques jours seulement car le but était de faire une pause de ces 2400 kilomètres déjà effectués dans le pays mais également pour y récupérer nos cartes bancaires fraichement réceptionner par Isa, la mère de Djo l’indien. A ce moment-là, on ne pensait absolument pas restés jusqu’au nouvel an pour attendre notre ami. On était

plutôt dans l’idée de quitter l’Inde le plus rapidement possible car on en avait vraiment ras le bol, surtout moi ! Je ne pouvais plus voir ce pays en peinture !

Quel bonheur se fut pour moi de savoir que nous allions restés quelques jours au même endroit ! La route ayant été très longue, j’avais envie de me délasser dans une bonne piscine et de manger dans un bon petit resto de touriste sans épices, sans poivres, sans trucs bizarres !

Là pour le coup, j’étais servie ! Nous étions à l’endroit précis où les Guest house grouillaient tous les mètres et où les restos qui proposaient de la nourriture continentale se succédaient à perte de vue ! Ahhhhhh ! Quel bonheur pour moi !

Une fois le camion rétabli de sa position route, nous avons contacté Isa et en quelques minutes elle nous a rejoints les bras chargés de cadeaux !

Il y avait un peu de tout dans son sac, quelques bijoux qu’elle avait confectionnés, des plantes, des infusions, des livres pour Sasha… beaucoup de livres ! Des crayons de couleurs qu’elle avait récupérés on ne sait d’où, des morceaux de chambre à air transformés en tringle à vêtements, en petites bidules capables de servir à tout ! C’était incroyable et inimaginable !

Les présentations faites, elle nous proposa d’aller boire un verre et de manger ensemble dans Auroville.

C’était vraiment chouette, elle s’est remémoré ses vieux souvenirs avec Nico concernant les habitants de leur village en France. Et oui, Nico et Isa se connaissent depuis des années par l’intermédiaire de Djo qui était lui-même sapeur-pompier volontaire dans la caserne de Nico.

Une chose est sûre, c’est qu’il y en avait des choses à raconter et il y avait un sacré paquet de costards à tailler ! *rires*

Les jours qui ont suivis ont été riches en découvertes. Isa nous avait pris sous son aile et elle nous a fait visiter Auroville tout en nous racontant son histoire.

Nico, Didine et Djo l’indien

Auroville (« City of Sri Aurobindo », également connue sous le nom de « City of Dawn »1) est une ville expérimentale située en Inde, principalement dans le district de Viluppuram au Tamil Nadu, le reste se trouvant dans le territoire de l’ Union de Pondichéry. Il a été créé en 1968 par Mirra Alfassa (Mirra Richard), plus connu comme la mère et la compagnie spirituelle du philosophe indien Sri Aurobindo. La vocation d’Auroville est, selon les mots de ses concepteurs, « un lieu de vie communautaire universel où hommes et femmes se révèlent à vivre en paix et en harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités parfaites ». Aujourd’hui, les Aurovilliens d’une cinquantaine de pays sont organisés en 35 unités de travail : Agriculture, Informatique, Éducation, Santé, Artisanat, etc.

En 1954, Mirra Alfassa (mère) présente le projet en ces termes : « Il devrait y avoir un endroit sur terre où aucune nation ne pourrait prétendre revendiquer, où toutes les personnes de bonne volonté seraient mus par un désir sincère [faisant allusion à la vérité] autorisé à vivre librement en tant que citoyen du monde et n’est soumis qu’à une seule autorité, l’autorité de la vérité.

Au centre d’Auroville se trouvera le Matrimandir (« Maison de la Mère »), considéré par Mirra Alfassa comme l’âme du lieu. Le projet développe quatre zones (internationale, culturelle, industrielle, résidentielle) autour du Matrimandir, couvrant une superficie de 25 km2 (10 km2 sont actuellement réalisés). Une fois la construction terminée, la ville devrait avoir la forme d’une galaxie spirale. Auroville a été conçu par l’architecte français Roger Anger et prévu pour accueillir 50 000 habitants. En 1966, l’UNESCO retient les Principes urbains

À leur arrivée, les pionniers trouvèrent une terre sèche sans eau. Ils creusent des puits et installent des éoliennes, des réseaux de drainage et d’eau pour faciliter le pompage. Au cours des quatre dernières années, plus de deux millions d’arbres et d’arbustes ont été plantés dans ce qui était autrefois un désert3. 1968 : Inauguration Auroville est activée le 28 février 1968 avec le soutien de l’UNESCO en présence du Président de la République de l’Inde et des représentants de 124 pays7. Au cours de la cérémonie, un homme et une femme, représentant 124 pays du monde, ont versé la terre de leurs villes natales respectives dans une urne en forme de lotus pour montrer la fraternité universelle.

Selon un consul, une pierre inaugurale sera installée au centre de la place. Beaucoup de capital aurait permis à la ville de se construire dans une région très peu hydrique9. En 1972, l’UNESCO a publié une brochure sur la ville, qui a été tirée à 4 millions d’exemplaires. En 2015, la communauté a accueilli 2 500 des 50 000 personnes initialement prévues. Mère a lu à haute voix une charte en quatre points transmet sa vision de la ville : Auroville n’appartient à personne. Il appartient à toute l’humanité. Mais pour y rester, il faut être un serviteur volontaire de la conscience divine ;
Auroville sera un lieu pour une jeunesse perpétuellement éduquée, progressiste et sans âge ; Auroville se veut être un pont entre le passé et le futur. Utilisant toutes les découvertes externes et internes, elle se précipitera avec audace vers les réalisations futures ; Auroville sera le lieu de recherches matérielles et spirituelles, offrant un corps vivant pour une unité humaine concrète. Basée sur la conviction de la mère que l’ère de la religion est révolue et doit céder la place à une ère spirituelle au-delà de la religion, la Charte d’Auroville déclare expressément « pas de religion ». Une carte du centre d’accueil des visiteurs d’Auroville. Au cœur d’Auroville se trouve la Zone de Paix, qui abrite le Matrimandir et ses jardins,

Quatre zones sont disposées autour de cette zone centrale : Zone industrielle : S’étendant sur 109 hectares au nord des quartiers de la Paix et du Matrimandir pour accueillir les industries vertes, les centres de formation, l’artisanat et les services administratifs de la ville ; Zone résidentielle : 189 hectares au sud du district de Heping, dont 45 % sont des zones résidentielles et 55 % sont des espaces verts ; Zone Internationale : Située à l’ouest de la Zone Heping, elle couvre une superficie de 74 hectares et sert à accueillir des pays et des salles culturelles regroupées par continents ; Quartier culturel : D’une superficie de 93 hectares, situé à l’est du quartier central, il est principalement utilisé pour l’éducation, l’art, la culture et les activités sportives.

Après la mort de Mirra Alfassa en 1973, la principale question d’Auroville était de savoir quelle structure dirigerait la ville : est ce l’ashram de Sri Aurobindo, qui contrôlait réellement Auroville, ou la Société Sri Aurobindo, qui avait le contrôle légal ? En 1981, les habitants d’Auroville ont réussi à persuader le gouvernement indien d’arracher le contrôle légal à la Société Sri Aurobindo et de le remettre au gouvernement par le biais de la structure juridique appropriée. A partir de cette date, des représentants du gouvernement résident à Auroville. Les Statuts d’Auroville, notamment son article 1, ont été donnés en réponse à cette volonté d’indépendance vis-à-vis de l’Inde.

source @wikipédia

Notre vidéo sur notre arrivée à Auroville

Il n’y a pas énormément de sites internet qui la relate, mais en cherchant bien et en prenant des renseignements dans la ville directement, on arrive à trouver quelques informations.

Plus les jours avançaient et plus j’étais intriguée par cette histoire ! Nico ne semblait pas très emballé quant au concept de cette ville, côté spiritualité il n’accroche pas du tout, mais moi, j’étais fascinée !

Je voulais en savoir d’avantage et Isa m’envoyait des articles ou des vidéos pratiquement tous les jours… Dès que je la revoyais le lendemain, je lui posais toutes mes questions… C’était un échange intense et nous nous sommes liées d’amitié profonde -en tous cas en ce qui me concerne-. Nous nous sommes découverts beaucoup de points communs, notamment notre obstination à vérifier sur Wikipédia la véracité des propos des gens afin de savoir s’ils ont raison ou tort… Mais également sur notre humour très sarcastique !

Je me suis beaucoup accroché à Isa, le départ sera une épreuve et les adieux seront déchirants.

Mais pour l’heure, nous allons visiter le pavillon Tibétain, car ici, chaque communauté est représentée par son pavillon. C’est la qu’Isa vient toutes les semaines pour chanter des mantras (chants tibétains) et nous allons y faire la connaissance de son amie qui est en charge de ce pavillon.

C’est dans sa petite boutique que nous nous sommes rendus pour faire quelques achats pour nos amis. Une écharpe pour tata lolo, de l’encens et un collier pour Sasha.

Puis au moment de payer, cette dame dont je ne connais pas le nom, s’intéresse à notre voyage et lorsqu’on lui explique notre trajet elle s’exclame : « mais, vous avez fait le même trajet que les pionniers d’Auroville ! Il faudrait organiser une conférence pour en parler ! Se serait vraiment bien ! »

C’est de là que tout est parti !

Les quelques jours se sont transformés en semaines. Le pavillon français ayant eut vent de notre présence nous a invités officiellement à garer le camion dans Auroville et une date pour notre conférence a été posée.

Il m’aura fallut deux jours pour préparer la conférence. J’ai repris toutes les images depuis le début de notre aventure, recherché toutes les photos qui pourraient étayer mon discours et j’ai monté tout ça dans mon logiciel de façon à en faire une vidéo de 45 minutes, le tout sous-titré en anglais pour les personnes habitants à Auroville désirant assister à la conférence.

C’est ainsi que Nico et moi, sans aucune préparation ou entrainement, nous sommes retrouvés devant une assemblée d’une centaine de personnes (selon le comptage d’Isa) pour parler de notre voyage et comment, sur un coup de tête et un gros ras le bol, nous nous sommes retrouvés sur les routes du monde à bord de notre man kat Shaman !

Voir la conférence dans son intégralité

Janaka, arrivé avec la première caravane en 1954

Des pionniers qui ont fait partis du premier et du deuxième convoi étaient présents lors de cette conférence. Janaka a fait une intervention à la fin et nous a montré des photos de l’époque tout en nous racontant comment ils ont parcouru cette route en 1 mois et demi avec des vieux coucous qui leur servaient de véhicules. Transports basiques, ils plantaient les tentes à la nuit tombée et faisait leurs besoins dans la nature. Dans les montées, ils descendaient des véhicules afin de les pousser pour passer la côte. Histoire formidable de quelques hommes et femmes, quittant tout afin de construire leur monde de demain sur une terre complètement hostile jusqu’alors. J’étais fascinée par son récit !
Il nous invita quelques jours plus tard pour un déjeuner en compagnie de Louis et Geneviève, pionniers aussi, en charge de l’architecture d’Auroville.

Paul Vincent

Notre petite vie était rythmée par les rencontres et les visites du camion. Il y a des jours où on prenait notre scooter -loué sur place- et faisions le tour de la ville pour y découvrir des petits chemins encore inexplorés. Quelques fois on roulait des heures sans aucun but !

A la mode indienne bien sûr, Nico à la conduite, Sasha en sandwich entre son père et moi. Et vlan, c’était parti à trois sur le scoot !

Je me rappelle les paroles de Nico qui nous disait : « ma Didinette, mon Sashounet, mémorisez ce moment, il restera gravé à tout jamais dans nos mémoires ! »

Et c’est vrai, se sont des instants, des odeurs, des bruits de klaxons qui resteront pour toujours en moi.

A trois sur le scooter, à indian style !

Je me souviens aussi de ce fameux soir où une personne nous interpella à Visitor center : « Salut ça va ? »

Avec Nico on c’était regardés en se disant : « C’est qui ? »

Ce monsieur continua : « Je vous connais vous êtes les Turtle trotter c’est ça ? »

Et de fil en aiguille il nous expliqua qu’il avait vu notre camion garé au pavillon de France et qu’il avait relevé le nom de notre chaine Youtube.

Au fil des jours nous avons rencontré d’autres français avec qui nous avons passé des moments géniaux. Sasha a rejoint les copains au groupe de yoga deux fois deux heures par semaine et à 16h tout le monde se retrouvait à Certitude pour jouer au parc avec tous les enfants d’Auroville et alentours.  

C’est vraiment ça que je retiendrais d’Auroville, la bienveillance, la mixité, les rencontres, les activités. Comme un village vacances mais ou tout le monde est gentil.

Il est vrai qu’on pourrait croire que c’est une secte.

De toute façon, dès qu’un endroit est un peu fermé, avec des règles précises et régit par une philosophie commune, il est très facile d’en déduire que c’est une secte ; et je comprends ce point de vue ! Moi-même, si je n’étais jamais venue ici et vu de mes propres yeux comment est réellement la vie à Auroville, j’aurais certainement fait cet amalgame.

Mais en fait, j’aime ce que les pionniers disent : « Il est difficile d’entrer à Auroville et d’être Aurovillien, mais il est très facile d’en sortir ! »

Alors je t’invite cher lecteur, à te rendre dans cette ville pour t’y faire ton propre avis mais prends garde…

L’énergie de cet endroit peut être irrésistible !

Un courage indomptable, une parfaite sincérité, un total don de soi dans la mesure où vous ne calculez pas ni ne marchandez pas, où vous ne donnez pas avec l’idée de recevoir, ni ne vous offrez avec l’intention d’être protégé, ni n’avez une foi qui exige des preuves, sont indispensables pour avancer sur le chemin; cela seul pourra vous protéger de tous les dangers.
Mère.

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